Avoir Lieu

Avoir lieu. Un livre paru en novembre 2010 [éditions Dernier télégramme]. Aujourd’hui : la suite, provisoirement titrée Avoir Lieu 2011 / Par Marc Perrin

L’ensemble cherche à rendre compte de l’histoire en cours. De certaines histoires en cours. Entremêlement du politique, de l’intime, du social. Par le surgissement de ce qui arrive. Par la mémoire active de ce qui, passé, ne cesse pour autant de vivre et de produire ses effets. Aujourd’hui. Par la mémoire en acte, en perpétuelle formation. Ici. Déployant une attention à l’égard des mouvements d’émancipation et de libération, « Avoir lieu » est un projet encore en devenir, qui appelle des effets dans les mots et dans les phrases autant que dans le réel. Avoir lieu. Une histoire de tous les temps. De tous. De chacun. Histoire des hommes et des femmes pris dans l’histoire. Histoire des hommes et des femmes agissant dans l’histoire ou la subissant. Y étant. Préoccupation du côté de : comment une parole se prend et affirme la présence des corps qui l’énoncent. Comment une parole produit des actes et comment les actes connaissent leurs conséquences dans le réel. Comment des corps prennent la parole et comment d’autres non. Mais jusqu’à quand. Et. Ou. Depuis quand. Parler. Pour les corps privés de parole. Mémoire. Sociale. Mémoire. Animale. « Que l’enfance puisse continuer de juger ce que l’on devient, en la trahissant » (M. Surya). Le projet « Avoir lieu » se découvre au fur et à mesure qu’il avance. Il est encore jeune. Il commence à chaque nouvelle approche de l’événement.

Avoir lieu 2011  :

Chaque texte est travaillé à partir d’une dépêche afp de l’année 2011. Chaque texte est d’abord travaillé par l’effacement des noms présents dans la dépêche. Tous les verbes sont mis au présent. Que le texte soit au présent de chaque phrase, de chaque lieu, de chaque parole. Chaque phrase écrite depuis le même présent de plusieurs paroles. De plusieurs corps. Multitudes. Croisements des  »il »,  »elle », « elles », « ils », « nous ». Attributions de paroles contradictoires à un même  »il », à une même « elle ». Chacune, chacun, représentant tous les possibles de ce qu’une femme ou un homme peut vivre, penser, faire, ressentir. Chaque parole est possiblement la parole de n’importe quelle femme, n’importe quel homme, n’importe quel groupe. Il y a : ce qui est dit. Il y a : ce qui est fait. Il : est un tyran. Il : est un manifestant. Elle : est un femme d’affaire. Elle : est une déflagration. Esquisses de portraits pour une humanité telle qu’elle est. Ici à partir des flux de l’information. Ici à partir d’une certaine information. Ici : se réapproprier la langue pour parler de tous, au nom de tous, au nom de chacun. Avec ces idées-là, trafiquer les phrases. Comprendre ce qui est en jeu : au fur et à mesure de ce qui s’écrit. Au fur et à mesure de ce qui se vit.

Ce qu’il en serait d’un Nous, d’un Nous actif par la manière qu’il a de se constituer et d’agir, de se chercher et d’agir, de ne cesser de se discuter, de se disputer. Nous, solitudes, aliénations, libérations.

Publication de la série Avoir Lieu 2011 dans la vie manifeste et dans libr-critique

Avoir lieu 2011 – 17h46 la vie manifeste

Avoir lieu 2011 – 11h13  – la vie manifeste

Avoir lieu 2011 – 23h25 – la vie manifeste

Avoir lieu 2011 – 7h32 – la vie manifeste

Avoir lieu 2011 – 15h44 – la vie manifeste

Avoir lieu 2011 – 7h27 – la vie manifeste

Avoir lieu 2011 – 18H46 – Libr-critique

Avoir lieu 2011  – 9H07 – Libr-critique

Avoir lieu 2011 – 21H46 (1/2) – Libr-critique

Avoir lieu 2011 – 21H46 (2/2) – Libr-critique

Avoir lieu 2011 – 23H59 – Libr-critique

Avoir lieu 2011 – 14h03 – Libr-critique

Avoir lieu 2011 – 10H49 – Libr-critique

Avoir lieu 2011 – 10H17 Libr-critique