Je suis célèbre dans le noir (Extrait)

je tiens encore quelque chose
c’est peut-être une valise
c’est peut-être un outil quelconque
c’est peut-être le chien perdu d’une grande personne
c’est peut-être l’oiseau des autres
je ne sais pas mais je tiens la main de quelque chose
je tiens cette main et si je lâche ce que je tiens
je finirai seul dans ce poème
-
Frédéric Dumont
Extraits du livre Je suis célèbre dans le noir, Éditions de l'Écrou (2019)

Rallier la Révolution

Entretien avec Maurizio Lazzarato. Re-nouer les luttes d'émancipations avec le dépassement du capitalisme, c'est l'appel de Maurizio Lazzarato dans son dernier ouvrage publié aux éditions Amsterdam, Le capital déteste tout le monde. Fascisme ou révolution.

Rectification à la philosophie mondiale

par Amandine André
Je récuse ce qu'on a fait de mon cas, je m'oppose à ma fonction d'accessoire d'un quelconque personnage secondaire. Je suis là avec mon corps enlaidi, mutilé et tronqué par l'autre.

Nous sommes magnifiques

Nous nous levons contre votre monde foutu / Et nous quittons la table / Nous sortons de la salle de classe et nous claquons la porte, nous / quittons la zone d’élevage / intensif / où vous nous parquez la semaine de huit à dix-sept heures pour / faire de nous / de la chaire à patrons ...

Portrait d’un régime

Inventaire des 63 intellectuels ayant participé à la mise en scène du Roi pendant 8h, diffusée en direct sur France Culture, lundi 18 mars 2019.

Brouillards toxiques : un air, un corps, une nation.

Entretien radiophonique avec Alexis Zimmer, à propos de l'ouvrage Brouillards Toxiques, publié aux éditions Zones Sensibles
Décembre 1930. Vallée de la Meuse. Brouillard. Odeur âpre qui brûle la gorge. Suffocations. Décès. 61 Morts. La Vallée est industrielle. L'une des plus industrialisée d'Europe. 1897, maladie du brouillard. 1902, maladie du brouillard. L'odorat et les poumons des habitants protestent à leur façon contre les conclusions qui innocentent les usines.

sylve est un nom propre et commun

par Frédérique Guetat Liviani
" d’ici quelques jours on ne verra plus ce qui se passe derrière le mur l’abattage des arbres comme celui des poules des veaux des porcs sera soustrait à nos regards ...

Emanuele Coccia, le monde a la consistance d’une atmosphère

L’entretien avec Emanuele Coccia s’articule à partir de la lecture de La vie des plantes, une métaphysique du mélange. S’intéresser aux plantes c’est décrire un mode d’être-au-monde radicale. En cela que les plantes n’entretiennent aucune relation sélective avec ce qui les entoure. L’être-au-monde des plante est une immersion. Elles transforment ce qu’elles touchent en vie. Elles font de la matière, de l’air, de la lumière solaire, un monde. « La vie des plantes est une cosmogonie en acte ». Être, ici, signifie faire monde et tout organisme vivant est l’invention d’une manière de produire le monde.

Journal de Corée

par Etienne Michelet

09.07
Arrivée à Incheon.
Depuis l’avion,
les mêmes îles, encore
et cette impression

de revenir à chaque fois
dans un paysage intime.

Plusieurs fois vint un Camarade, le même, cet autre, me confier le besoin d’agir

Pièce radiophonique.
Textes > Franz Kafka, Mahmoud Darwich
Réalisation > Emmanuel Moreira

Écrire dans les soulèvements, Eric Vuillard

Eric Vuillard est écrivain. Il écrit l'Histoire avec les moyens de la littérature. Prix Goncourt pour l'ouvrage l'Ordre du jour, il publie La guerre des pauvres, aux éditions Actes Sud. La guerre des pauvres est une histoire inachevée et en cela, elle nous requiert. Entretien radiophonique avec Eric Vuillard, enregistrée dans les sutdios de Radio Cause Commune à Paris.

Yellow Winter Songs

Chansons pour le soulèvement en cours.
1. Tu dégages
2. Vient on s'barre, GJ
3. Les jeux sont faits
4. On fera bien ce qu'on voudra
5. Il est trop tard pour être calme
6. Toi, le premier de cordée
7. Vivre libre sans compter
8. L'insurrection qui tient

moi, bourgeois d’élevage

moi, bourgeois d’élevage, je soutiens le mouvement des gilets jaunes, absolument. et ce n’est pas facile.
ce n’est pas facile parce qu’éternellement paraissant de cette caste j’éprouve un sentiment d’imposture à me reconnaître dans ce qui, pourtant, depuis des semaines, totalement me rejoint, ou que, plus exactement, totalement je rejoins : un mouvement, une effervescence, un rejet enfin, de la mystification générale

L’amalgame est hétérogène et solide.

Nouvelles extrêmes droites amalgamées
par Sophie Wahnich

Loto, poème sonore

Amandine André
poème sonore.

À Romainville, au nom de l’écologie on massacre

À deux kilomètres à l’est de Paris, en contre-bas de la cité Gagarine, il existe une forêt de 27 hectares : la Forêt de la Corniches des Forts, à Romainville.

les lettres de la plaine

Depuis le 11 octobre, le quartier de la plaine à Marseille est engagé dans une bataille décisive pour la vie de son quartier. Une bataille contre la soleam (société d'aménagement de la ville), qui veut s'approprier la place du quartier. Au jour le jour, des lettres s'écrivent, puis sont lues et publiées. Elles trament en creux un récit du mouvement.

Le cow-boy et le poète (Chevauchépris), Anne Kawala & Esther Salmona

par Eric Darsan Chevauchépris c'est un disque. Interprété par Anne Kawala et Esther Salmona sur partition, clé de sol & clé des champs au ceinturon, qui montent le s-/t-on pour t'envoyer mine de rien un tas d'idées po-é/-li-tiques dans la caboche. Entre les deux oreilles/yeux, direct sous le stetson. Pour l(')-/d-ire en deux mots, deux voi-es/-x c’est-à-dire trois : cow-boy, poète, et les deux à la fois.

Tout le monde dehors

Pièce sonore.
La ville empêchée, faite de sauts d'obstacles politiques. Ce sont des fragments comme autant de tentatives de faire entendre les mécaniques aux prises avec la ville, comment ils agissent sur nos corps, collectifs et individuels. Mais la ville nous repêche aussi. Chassés-croisés de possibles et d'impossibles, par morceaux éclatés, comment nous sommes traversés par la ville, et comment résister à son objectivation.

Lotissements

Par Justin Delareux

On peut ausculter le temps,
Couper l’herbe avec les mains,
Regarder les voitures passer,
Poser des clous sur les routes,
Pour voir les choses s’arrêter,
Faire des puits.

On se donne rendez vous à la butte ou sur le terrain.
On fait des tours, nous parlons, nous mettons le feu.

Les Spooky’s #03 Comment as-tu été écrit ?

Vidéo-poèmes.
Une série réalisée par Amandine André.

Vénus

Pierre Chopinaud
Enfant, du pays dont le feu brûlait sous la langue qui faisait, ma mère la parlant, des flammes jaillir de ses lèvres et la faisait dans mon effroi sembler un dragon, je sentis le feu tôt chauffer voluptueusement ma peau lorsque je fus, avant que de marcher, dans lui jeté.