Archives de la catégorie : littérature

Interrogatoire

Par Anna Carlier // état des selles : changeant / de retour de voyage et l’avion peut-être ou la nourriture qui y est servie. Le plastique omniprésent. De même que partout dans ce pays. Grands plastiques noirs - sacs - enveloppant et dissimulant toutes sortes de plastiques transparents ou de couleur et bien d’autres choses encore.

HOTTE

le vendeur de nuage
a vendu un nuage noir
le vendeur de putes
a vendu une pute en marbre
le vendeur de drogue a vendu
une seringue pleine de morpions
les affaires marchent
ça cause gros sous dans ma rue

10 vadrouilles

Par Maxime Actis
le douanier regarde nos livres, → Sid, 18.08.2009
stop près des voies ferrées
quelqu’un baisse la vitre et nous jette un paquet de cigarettes rouge
la police arrive et en anglais dit que Belgrade c’est loin
la police dit que c’est pas sûr le stop à cause des gitans
il y a des gens qu’on fout dans le coffre de la bagnole
et qu’on balance dans un ruisseau après les avoir dépouillés, comme ça sans raison

L’arche inuit (extrait)

(cette manie, un temps, de tout crypter, comme d’un certains sauront, il y aura toujours un certains avec lesquels crypter et en ce cryptage, compter, jusqu’aux syllabes mêmes en cas de vers comme il se dit d’accidents, s’il n’y a ici vers qu’accidentels) par Denis Ferdinande

Morphose 6 : Devant

« Si chacun aspire à la loi » / dit l'homme / « comment se fait-il / que durant toutes ces années / personne autre que moi n'ait demandé à entrer ? » / « … cette entrée n'était faite que pour toi »

Cinq lettres de Kaspar Hauser

Vous dites Kaspar tu dois toujours regarder le sol. Kaspar serre la ceinture et marche droit. A quoi bon ? Vous piétinez les gosses et les pâquerettes, vous gazez les abeilles, les pucerons, les gens qui dansent au bord de l’eau. Vous trucidez même les vers de terre. Tout va s’éteindre sur votre sol. J’en ai les pieds qui brûlent, ça vous fait rire comme des hyènes et vous dites Kaspar ne pleure pas sinon tu n’auras pas de cheval. (...) par Benjamin Fouché

Para-récit d’une lecture publique que j’ai faite suivi de Para-récit d’une lecture publique que j’ai vue

Mon réveil a sonné, et ça me réveille, je repousse mes couettes (j’en ai 2) je monte sur mes pieds (j’en ai 2), je me lève, je rentre dans mes vêtements ...
Benoît Toqué

Contrôle (Ctrl), une série Z Par Eric Darsan

L'histoire commence dans un village de rednecks. In media res et tout ça : on ne connaît rien du contexte, on ne sait pas comment on en est arrivé là. Ici, d’ailleurs, on ne se le demande pas. On y naît, vit, passe. Trois petits tours et puis s'en va. Comme dans la vie, un rêve, une nouvelle. Surgit un zombie (Ctrl+C) qui [peut-être, n'a pas plus (ni moins) demandé que nous à être de la partie].

Je suis célèbre dans le noir (Extrait)

je tiens encore quelque chose
c’est peut-être une valise
c’est peut-être un outil quelconque
c’est peut-être le chien perdu d’une grande personne
c’est peut-être l’oiseau des autres
je ne sais pas mais je tiens la main de quelque chose
je tiens cette main et si je lâche ce que je tiens
je finirai seul dans ce poème
-
Frédéric Dumont
Extraits du livre Je suis célèbre dans le noir, Éditions de l'Écrou (2019)

Rectification à la philosophie mondiale

par Amandine André
Je récuse ce qu'on a fait de mon cas, je m'oppose à ma fonction d'accessoire d'un quelconque personnage secondaire. Je suis là avec mon corps enlaidi, mutilé et tronqué par l'autre.

Nous sommes magnifiques

Nous nous levons contre votre monde foutu / Et nous quittons la table / Nous sortons de la salle de classe et nous claquons la porte, nous / quittons la zone d’élevage / intensif / où vous nous parquez la semaine de huit à dix-sept heures pour / faire de nous / de la chaire à patrons ...

Portrait d’un régime

Inventaire des 63 intellectuels ayant participé à la mise en scène du Roi pendant 8h, diffusée en direct sur France Culture, lundi 18 mars 2019.

sylve est un nom propre et commun

par Frédérique Guetat Liviani
" d’ici quelques jours on ne verra plus ce qui se passe derrière le mur l’abattage des arbres comme celui des poules des veaux des porcs sera soustrait à nos regards ...

Journal de Corée

par Etienne Michelet

09.07
Arrivée à Incheon.
Depuis l’avion,
les mêmes îles, encore
et cette impression

de revenir à chaque fois
dans un paysage intime.

Écrire dans les soulèvements, Eric Vuillard

Eric Vuillard est écrivain. Il écrit l'Histoire avec les moyens de la littérature. Prix Goncourt pour l'ouvrage l'Ordre du jour, il publie La guerre des pauvres, aux éditions Actes Sud. La guerre des pauvres est une histoire inachevée et en cela, elle nous requiert. Entretien radiophonique avec Eric Vuillard, enregistrée dans les sutdios de Radio Cause Commune à Paris.

moi, bourgeois d’élevage

moi, bourgeois d’élevage, je soutiens le mouvement des gilets jaunes, absolument. et ce n’est pas facile.
ce n’est pas facile parce qu’éternellement paraissant de cette caste j’éprouve un sentiment d’imposture à me reconnaître dans ce qui, pourtant, depuis des semaines, totalement me rejoint, ou que, plus exactement, totalement je rejoins : un mouvement, une effervescence, un rejet enfin, de la mystification générale

Loto, poème sonore

Amandine André
poème sonore.

Le cow-boy et le poète (Chevauchépris), Anne Kawala & Esther Salmona

par Eric Darsan Chevauchépris c'est un disque. Interprété par Anne Kawala et Esther Salmona sur partition, clé de sol & clé des champs au ceinturon, qui montent le s-/t-on pour t'envoyer mine de rien un tas d'idées po-é/-li-tiques dans la caboche. Entre les deux oreilles/yeux, direct sous le stetson. Pour l(')-/d-ire en deux mots, deux voi-es/-x c’est-à-dire trois : cow-boy, poète, et les deux à la fois.

Lotissements

Par Justin Delareux

On peut ausculter le temps,
Couper l’herbe avec les mains,
Regarder les voitures passer,
Poser des clous sur les routes,
Pour voir les choses s’arrêter,
Faire des puits.

On se donne rendez vous à la butte ou sur le terrain.
On fait des tours, nous parlons, nous mettons le feu.

Vénus

Pierre Chopinaud
Enfant, du pays dont le feu brûlait sous la langue qui faisait, ma mère la parlant, des flammes jaillir de ses lèvres et la faisait dans mon effroi sembler un dragon, je sentis le feu tôt chauffer voluptueusement ma peau lorsque je fus, avant que de marcher, dans lui jeté.

Lire Peau d’Âne

Que Peau d’Âne, avant qu’elle ne devînt celle de Perrault, courait de bouche à oreille sur les places, filait la nuit de nourrice en nourrice et, véritable histoire commune, se buvait comme du petit lait circulant partout.

par Benjamin Fouché

Impossessions primitives (extrait)

par Amandine André
Ce texte a été donné à lire en soutien à la ZAD de Notre Dame des Landes, le Mercredi 20 juin 2018, à Marseille. Impossessions primitives est à paraître chez Pariah éditions.