les lettres de la plaine

Depuis le 11 octobre, le quartier de la plaine à Marseille est engagé dans une bataille décisive pour la vie de son quartier. Une bataille contre la soleam (société d'aménagement de la ville), qui veut s'approprier la place du quartier. Au jour le jour, des lettres s'écrivent, puis sont lues et publiées. Elles trament en creux un récit du mouvement.

Le cow-boy et le poète (Chevauchépris), Anne Kawala & Esther Salmona

par Eric Darsan Chevauchépris c'est un disque. Interprété par Anne Kawala et Esther Salmona sur partition, clé de sol & clé des champs au ceinturon, qui montent le s-/t-on pour t'envoyer mine de rien un tas d'idées po-é/-li-tiques dans la caboche. Entre les deux oreilles/yeux, direct sous le stetson. Pour l(')-/d-ire en deux mots, deux voi-es/-x c’est-à-dire trois : cow-boy, poète, et les deux à la fois.

Tout le monde dehors

Pièce sonore.
La ville empêchée, faite de sauts d'obstacles politiques. Ce sont des fragments comme autant de tentatives de faire entendre les mécaniques aux prises avec la ville, comment ils agissent sur nos corps, collectifs et individuels. Mais la ville nous repêche aussi. Chassés-croisés de possibles et d'impossibles, par morceaux éclatés, comment nous sommes traversés par la ville, et comment résister à son objectivation.

Lotissements

Par Justin Delareux

On peut ausculter le temps,
Couper l’herbe avec les mains,
Regarder les voitures passer,
Poser des clous sur les routes,
Pour voir les choses s’arrêter,
Faire des puits.

On se donne rendez vous à la butte ou sur le terrain.
On fait des tours, nous parlons, nous mettons le feu.

Les Spooky’s #03 Comment as-tu été écrit ?

Vidéo-poèmes.
Une série réalisée par Amandine André.

Vénus

Pierre Chopinaud
Enfant, du pays dont le feu brûlait sous la langue qui faisait, ma mère la parlant, des flammes jaillir de ses lèvres et la faisait dans mon effroi sembler un dragon, je sentis le feu tôt chauffer voluptueusement ma peau lorsque je fus, avant que de marcher, dans lui jeté.

Les Spooky’s #02 Ha !

Vidéo-poèmes.
Une série réalisée par Amandine André.

A la ZAD de NDDL, à toutes les autres ZAD, aux cortèges de tête,…

par Elsa Dorlin
Aucune vie n’est aujourd’hui épargnée par le néolibéralisme dont l’Etat sécuritaire est juste le capo ou le manager. Résister équivaut aujourd’hui à cette myriade de pratiques vitales où la « vie » doit être entendue dans ce qu’elle a de plus prosaïque. Résister signifie rester en vie.

Les Spooky’s #01 Je suis une proposition

Vidéo-poèmes.
Une série réalisée par Amandine André.

Lire Peau d’Âne

Que Peau d’Âne, avant qu’elle ne devînt celle de Perrault, courait de bouche à oreille sur les places, filait la nuit de nourrice en nourrice et, véritable histoire commune, se buvait comme du petit lait circulant partout.

par Benjamin Fouché

La Rénovation qui vient – Lutter, aujourd’hui

"C'est par le flux que ce monde se maintient, alors bloquons-le." affichait une pancarte lors des manifestations contre le CPE en 2006.
Comment bloquer, comment lutter en 2018 ?
On part sur un patchwork d'émission, toujours autour de la lutte en 2018. Doit-on se contenter de se battre pour une simple sauvegarde de nos droits ? Doit-on exiger plus, pour avancer ? Comment se réapproprier l'espace public ? Qu'est ce que le tag d'aujourd'hui ? Quelles armes ?
voilà comment j'imagine le truc en tout cas,
à demain !"

La danse élargie de Boris Charmatz

Le corps, le noeud, le brouillon, le brouillage, le geste, le flux coupé.
La danse élargie de Boris Charmatz .
Entretien radiophonique

Cette route doit bien mener quelque part

Que produit (crée) une société (une équipe) sans projet (scénario) face au désir (choix) impérieux (nécessaire) de refaire (fabriquer) un monde (un film) autrement ? L’exhibition (la projection) de soi, acte (phénomène) risqué (physique) qui est le corollaire (la conséquence) de tout engagement (action) politique et amoureux (artistique).

Impossessions primitives (extrait)

par Amandine André
Ce texte a été donné à lire en soutien à la ZAD de Notre Dame des Landes, le Mercredi 20 juin 2018, à Marseille. Impossessions primitives est à paraître chez Pariah éditions.

Vintimille Calais. Nous ne ferons pas marche arrière.

Composition collective en direct d’un documentaire de 120mn à l’intérieur de la marche solidaire pour les migrants de Vintimille à Calais. Une polyphonie à 8 micros sur le passage de la marche à Marseille.

Météore Inclément

Rendre le monde alien pour faire en sorte que la Terre révèle toute sa dimension étrangère réprimée : dans la poésie d’Alexander, l’image ne réunifie pas, mais acère l’aventure du passage. Passage freiné à mort, obstrué par la « surveillance d’État » et « l'engloutissement des Fédérations alien ».

Les Mercredis De Montevideo : Noémi Lefebvre, poétique de l’emploi

Noémi Lefebvre écrit des livres. De la littérature. Aux éditions Verticales.
Mercredi 2 mai elle était invitée à Montévidéo pour une lecture de Poétique de l'emploi. Lecture suivie d’une discussion.
Entretien : Emmanuel Moreira

Arpentage radiophonique. Le Merlan. Un théâtre dans les quartiers nord de Marseille. Contexte.

Ici, le théâtre est pris entre trois forces qui le dépasse. Le centre commercial dans lequel le poème est superflue. La rénovation urbaine continue, presque jamais interrompue, qui fait du quartier un chantier permanent. Et la pauvreté économique qui désespèrent et découragent.

La planche comme poème. À propos de Déséblouir de Jean-Pierre Marquet.

Par Lambert Clet.
Le dispositif est inébranlable. En haut de la planche format A3, l'inscription « Autofictions », une date. Un peu plus bas, un titre, suivi d'une recherche plastique : parfois, de simples esquisses, souvent, des assemblages complexes de matériaux, de pratiques. En pied de page, deux notations. Par exemple celles-ci : 1) C'est où et quand et pourquoi commencer ? / 2) La planche est le lieu de tous les tâtonnements, de toutes les approximations et de tous les errements, et non la recherche d'une forme de régularité ou de récurrence.

( )TOO

Chère Amandine,
Tu m’as demandé si j’accepterais d’écrire quelque chose au sujet d’une performance de Yoko Ono, Cut Piece, qui a eu lieu pour la première fois en 1964. Tu m’as envoyé un lien permettant d’assister à plus de neuf minutes de cette performance : on peut voir l’artiste presqu’immobile, impassible, tandis que les membres du public, un par un, sont autorisés à couper et emporter une partie de ses vêtements. Pour le coup, j’accepte volontiers d’essayer d’écrire quelque chose à propos de cette performance, car je me demande bien ce qu’il s’agit de couper et d’emporter, de prendre – ou de donner. (...) par Frédéric Neyrat

Les morts solitaires de Mizoguchi Kenji

par Nathanaël
Faire le vide.
Si je m’arrête sur une seule phrase comme sur une image, en vidant la feuille des signes devenus soudain superflus, ou bien se propulsant comme un courant, en écartant le cadre justement d’une convention philosophique, ce qui m’est donné, à moi comme à d’aucuns, (...)

Ceija Stojka, une artiste Rrom dans le siècle

Ceija Stojka (1933 - 2013) est née en Styrie (Autriche) dans une famille de marchand de chevaux Rrom, les Lovara-Roma. Pendant la guerre, toute sa famille fut déportée dans plusieurs campas de concentration. Rescapée avec sa mère et quatre de ses frères et sœurs, elle entame un travail d’écriture dans les années 1980 et de peinture qui retrace son parcours avant et après guerre.