Archives de la catégorie : danse / performance

Une solitude parmi nous danse ses solitudes

20 janvier 2011 - 4 février 2011. La vie manifeste suit les pas de la danse au Maroc. A Marrakech, et à Casablanca s'inventent des possibles, entre eux des trajectoires se tissent. Sur les pas de Bernardo Montet, avec Taoufiq Izeddiou à Marrakech (festival On marche) et Meryem Jazouli à Casablanca ( Espace Darja ). /////////////////////// story blogging

Le désoeuvrement chorégraphique, Frédéric Pouillaude

Entretien avec Frédéric Pouillaude.
A l'origine de cet ouvrage - "Le désoeuvrement chorégraphique. Etude sur la notion d'oeuvre en danse" - il y avait pour le philosophe Frédéric Pouillaude, la tentative d'un discours philosophique sur la danse contemporaine. Très vite un constat s'est imposé : « l'incapacité de la philosophie et de l'esthétique à penser les pratiques chorégraphiques selon le régime commun de l'oeuvre ». Si la danse n'est pas absente des discours philosophiques, surtout depuis le XX° siècle, (Paul Valéry, Erwin Straus, Alain Badiou …) elle n'y est jamais présente au titre d'oeuvre.
Entretien radiophonique et réalisation : Emmanuel Moreira

Madame Plaza, Bouchra Ouizguen

Bouchra O en déployant ses gestes – bras s'étire vers l'avant ou vers l'arrière – en repliant son corps, couche au sol une cartographie dans laquelle elle va se plonger. Cherche ce qui du cou à l'épaule, du bassin rotatif à la jambe, ce qui remue et résonne dans sa danse, et d'un geste dessine dans l'air les lignes géographiques et les lignes temporelles qui vont toucher le plus lointain et le plus proche.

Transhumance, Hassania Himmi

Sur fond noir carré blanc de trois mètre sur trois. Voici l'espace dans lequel le corps de la danseuse sera contenu. Les mains et les pieds appuyés sur le sol, les coudes et les genoux pliés, le dos droit à l'horizontal et la tête recouverte d'un collant noir, il revêtit tout le corps. C'est dans cette tenue, dans cette position avec ce carré blanc sur fond noir que le corps délimité par un espace cherche à conquérir et à franchir d'autres limites.

We insist, signal sur bruit

Considérons "l'hétérogénéité originelle" comme principe de fondation non négociable.
Dans ce sens, la nationalité des interprètes de WE INSIST nous importe peu.
La révélation de leur identité scénique se capture en temps de crise.
Par l'entrechoquement des phénomènes climatiques qu'ils mettent en oeuvre.

Vu, Hafiz Dhaou et Aïcha M’Barek

Nous sommes encore à l'entrée du théâtre, nous attendons que les portes s'ouvrent pour aller à la recherche d'un siège lorsque les cuivres soufflent à tout rompre accompagnés de tambour. La fanfare nous sort de la torpeur de l'attente, les yeux s'ouvrent, nous voilà attroupé autour d'elle.

Danse de pièze, Eric Lamoureux

Entretien avec Eric Lamoureux à propos de Danse de Pièze.
Duo chorégraphique d'Eric Lamoureux et d'Héla Fattoumi. La pièce est un enchainement de mouvement qui offre à voir la sollicitation et la naissance de la sensualité.

Transport exceptionnel, Dominique Boivin

Transport exceptionnel est une pièce qui travaille des aller retour entre la terre et le ciel, chaque chose est donnée pour elle même tout comme elle porte en elle un choix plus métaphorique. Ainsi Transport exceptionnel n'est rien d'autre qu'une grosse machine dont le déplacement sur un véhicule nécessite cette appellation – ce qui est donné – ce que cette engin soulève comme figure de style, dans sa manipulation avec un danseur, c'est la notion de transport comme élévation.

On marche, Joute de rotules

Toujours précaire, la marche louvoie la chute, elle l'invente, l'appelle, et y échappe
Ils sont retournés là où commence pour nous le voyage. Beaucoup ont répondu à l'invitation.
[On marche : ponctuation de vitesse, retardataires au rendez-vous]

Switch me off

Bernardo Montet et Thomas Ferrand au Théâtre National de Chaillot
Ecrit à partir d'une présentation du travail en cour de réalisation.

Par quel bout prendre et reprendre la phrase quand celle-ci s'achemine à partir d'une ébauche qui ne serait que la vision secrète d'un mouvement en cours. Je vais tenter de poursuivre ce dans quoi mon regard s'est pris et suivre le dessin de cette archéologie mentale de la mémoire qui s'offre et se retire.Et de cette absence blanc de la feuille et de l'écran préfigurer quelques sillons.

Hafiz Dhaou et Aïcha M’Barek, rencontre

Ils sont deux chorégraphes venus de Tunisie. Ils n'étaient pas programmés, mais ils sont de ceux dont le corps et le geste n'attendent pas de programme. Ils sont à Marrakech parce qu' "on n'y marche" dit-on. Ils sont venus pour que leur présence accompagne les autres présences. Parce que, eux marchent aussi. Ils sont venus traverser un chemin plus long encore, mais qui se dessine - un trait ferme et énergique, qui touche le papier sans le percer. Tout ce chemin parcouru ensemble.

Les désorientations d’Hooman Sharifi

Les désorientations d'Hooman Sharifi (à propos de la création God exists, the mother is present" ; Impur Cie)
"Séjour où des corps vont cherchant chacun son dépeupleur. Assez vaste pour permettre de chercher en vain."
Où se lève le soleil ? Que veut-dire l'art égal de la politique ?

On marche, à chaque pas commence la danse

Du 24 au 31 janvier a lieu à Marrakech la quatrième édition du Festival International de Danse à Marrakech, "On Marche"
Depuis quatre ans, au Maroc, "On Marche" tente d'impulser un rythme encore inaudible, recherche un élan pour la danse contemporaine, un creux dans lequel la danse pourrait se loger, et dans lequel se glisseraient les artistes marocains et le public. Toujours précaire, la marche louvoie la chute, elle l'invente, l'appelle, et y échappe ; un écart. Dans cet écart la chute est à la fois suspendu, probable et imminente.

Apertae, Bernardo Montet

aperto, as, are : ouvrir en grand
apertae, découvert, nu, manifeste notoire, intelligible, clair,
ouvert, franc, effronté, sans gêne, libre accessible.
pertus : faire une percée

Idiot cherche village, Thomas Ferrand

Entretien avec Thomas Ferrand, à propos de la pièce Idiot cherche village.
Une œuvre stridente, tendue et troublante. A la base de cette pièce, un livre (Le Réel, traité de l’idiotie, de Clément Rosset) et une série d’entretiens menés avec le philosophe Bernard Stiegler.

solo a ciegas, Olga Mesa

Olga Mesa se plonge dans un univers d’évocation de présence limitrophe et de mémoire. Elle invite et incite à pénétrer dans un espace d’écoute et de perceptions originelle du corps. Mouvements intuitifs, images périphériques ou cachées, espace sonore imperceptible ou non identifiable. Une dramaturgie qui naît d’un système émergeant sous la forme d’une écriture aléatoire.

Aïta, Bouchra Ouizguen

Entretien avec la chorégraphe Bouchra Ouizguen à propos de la pièce chorégraphique Aïta (duo). Soliste en danse orientale, elle se forme entre l’Europe et le Maroc auprès de trois chorégraphes décisifs dans son parcours : Bernardo Montet, Boris Charmatz et Mathilde Monnier. Elle fonde la compagnie ANANIA avec Taoufiq Izeddiou et Said Aït El Moumen.

Incantus, Vincent Dupont

Entretien avec Vincent Dupont à propos de la pièce chorégraphique INCANTUS.
INCANTUS chemine dans le sillage de la langue, du corps et de la lumière. Recherche d’un juste poids, une présence du corps qui ne soit pas écrasé, mais qui puisse nous paraître quand le danseur sent possible de se présenter.

Acoustic Pleasure, Tal Beit-Halachmi

Acoustic Pleasure attire et appelle son auditoire vers une errance sonore, tantôt une voix venue d’ailleurs, tantôt les particules électriques de la guitare. Lors de cet entretien Tal Beit-Halachmi nous fait part de sa curiosité pour la représentation de la sirène. Sirène qui tantôt est aérienne – corps d’oiseau et tête de femme, tantôt ondule dans les eaux – buste de femme et queue de poisson.

10°mn corner, Raphaël Dupin

Lors de l'édition 2008 du festival Rayons frais à Tours, nous avons découvert la proposition chorégraphique de Raphaël Dupin 10m cornier, partition chorégraphique pour un joueur, un mur et un ballon

Willy Blix, marionnetiste performeur

Sous la pluie et dans la nuit, nous nous sommes rendus aux Projet 244, à Tours. Willy nous y attendait, il n'était pas seul car, Willy, c'est un groupe à lui tout seul. Le projet MOP nous intéresse à double titre : La figure de l'automate, qui nous rappelle la nouvelle fantastique d'Hoffmann, L'homme au sable. Derrière ce projet il y a des heures, innombrables, de travail (travail du métal, de dessin, de musique, de récup’, d'électricité…). Il y a aussi un mois de salaire claqué dans un outils précieux : le chalumeau. Et puis le travail pour se nourrir, se loger. Un quotidien précaire qui tisse autour de lui une fabrique esthétique, une dimension sensible.

Batraciens l’après midi, Bernardo Montet

« Pas un homme. Pas un saint
Pas un monstre.
MAIS un homme, MAIS un saint, MAIS un monstre.
Et la lubricité du songe. Intacte. »