Poésies soufflées

Une série de Florent Draux

© Image Armine Rouhani. All rights reserved.

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Je ne peux plus attendre que nous ne puissions plus attendre

Je ne peux plus attendre… j’ai aimé voir les choses se répandre, s’étaler, s’écouler lentement dans le temps de ce qui n’a plus lieu, mais.. je ne peux plus attendre… il semble d’ailleurs que l’on m’attende… je ne peux plus attendre… je ne peux plus m’attendre
Il faut dire dire encore que dire et dire à nouveau ce que dire et dire alors
Dire qu’alors ce qui sera dit d’un dit cesser de déchirer éventrer pour coudre et sortir de la place qui face de ce soit et d’avant non pour que oui dites encore et dites sans cesse dites à nouveau nous sommes ce que vous voulez dire nous sommes ce que vous voulez entendre
Il nous faut enfin lever la tête de ceux qui la baisse, que l’humiliation prenne fin et que le pouvoir change de main, nous
Non je ne peux plus attendre… je t’ai attendu à cet angle de gare, sur ce morceaux de quai, je t’ai attendu à la table d’un café, sur une place animée, je t’ai attendu à la sortie d’un film, d’une pièce ou d’un pas, je t’ai attendu dans ton sourire, ta main tendu, mais je te demande maintenant de me suivre

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© Image Nathalie Blanchard.

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« chanson … »

Pièce radiophonique. Une seule prise de son chuchoté, la voix presque pressée par le temps, cette pièce a pu être enregistrée sur le lieu de travail, un hôtel par exemple, à un moment où il fallait être à son poste et que l’empressement soudain d’aller dire a fait que le poste a été déserté. Cela aurait donc lieu dans un recoin de l’hôtel à l’heure où l’employé devait réceptionner les clients, les appels téléphoniques, encaisser, vérifier le linge, regarder les mails. Tout cela donc les clients, les mails, le linge fuis pour un endroit suffisamment en retrait pour y faire résonner le bouillonnement de la tête surchauffée. Une chambre qui vient juste d’être quittée, par exemple, c’est ici que commence et se termine la dérobade. Peut-être après les mails, le linge, les clients, pour l’instant ce n’est ni le moment ni le sujet.

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© Image Armine Rouhani

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Pièce pauvre pauvre pièce

Pièce radiophonique pris au mot. Il s’agit alors de faire entrer dans un espace sonore, un pièce dans laquelle se fourre, en une prise de son, la voix. Celle-ci emplit de mot, bourre et fout. La langue fout entendant par-là qu’elle peut être un membre à foutre et foutre aussi bien, aussi mal que le sexe fout. Que cette langue et cette gorge suce et avale et relâche les mots que les mots sont autant d’humeurs faits de salives et d’excrétion du corps. Quand bien même le mot ne sente pas et ne tâche pas, tenter alors de le porter à ce qui tâche car l’imaginaire peut être plus terrible que le réel . La voix use de ce qu’elle peut faire, use de son toucher. Que cette pièce soit alors une trouée et tente d’en faire une trouée insuffisamment domestiquée.

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